Poésie verticale I

J’ai cherché la solidité, la verticalité. Une façon de se grandir, la tête tirée vers les étoiles, à un moment où mon corps se dérobait.

Je me suis abandonnée à la rigueur de cette verticalité poétique toute de papier. J’étais en quête de légèreté. Le papier m’offrait cette qualité idéale. Il ne pèse rien, il est malléable à souhait. Avant même que j’intervienne sur sa surface douce ou rugueuse, souple ou résistante, je vois la poésie qu’il porte en lui.

Ce faisant, j’ai réalisé que cette recherche m’amenait vers l’abstraction. Que cela était une belle découverte. Grisante et joyeuse.

« Tu es en train de travailler. Tu as réalisé l’ébauche de deux ou trois œuvres et dans ton esprit se forme une pensée, deux mots –poésie verticale-tu ne les as pas cherchés. Ils émergent. D’où ? C’est inconnu. Tes mains, ton cœur, ta matière grise ? Des pensées qui habitent l’invisible ? On ne sait pas. Mais c’est là. Tout à coup, une évidence. Alors, une nouvelle énergie s’installe. Une porte s’ouvre vers une nouvelle exploration… »

Mes papiers sont parfois imprimés : gravure sur bois, linoléum, empreintes végétales ou calligraphie….Les techniques ne changent pas.

C’est le chemin qui mène à l’œuvre qui diffère.

Il faudrait parler de ce chemin….

Pour moi, il est fait de silence, de non- attente. Ni concept, ni plan sur la comète ou ailleurs, je ne souhaite pas arriver à un résultat précis. Je travaille à creuser le sillon de l’idée qui s’est offerte, le plus loin possible, jusqu’à saturation.

Je suis dans l’atelier et ce qui doit arriver se matérialise,….ou pas !

Dans le cas présent, chaque « poésie verticale » est habitée par une pensée, une intention.

La douceur et la légèreté ont guidées mes mains.

France Do – 2018